Quelques nouvelles.

Quelques nouvelles.
Bonjour à tous! Je n'abandonne pas ce blog, non. J'ai juste eu une période de creux : impossible d'écrire plus de deux lignes (si on oublie mes nombreux cours de math, géographie, histoire et ma liste de course.). Tout va mieux, je réécris à nouveau par pur plaisir.

Pour ceux qui me l'ont demandé, mes vacances se sont très bien passées! Merci beaucoup. Le Paradis existe, il se trouve Outre-Manche, très au nord, dans le fief d'un monstre sacré (jamais aperçu ceci dit). [Photo d'un paysage typique de la région : bruyère, loch, montagne.]

Les prochains textes arriveront sous peu! En attendant, laissez-moi la pub de vos galeries à thèmes!

A bientôt, Camille.
# Posté le mercredi 22 octobre 2008 15:37

L'absence.

L'absence.
L'absence.
Vous pouvez le retrouver sur cet atelier.


La nuit était tombée sur la ville depuis plusieurs minutes. Dans un appartement presque vide, une jeune femme empilait ses souvenirs dans des cartons. D'un geste rapide, Céline replaça une mèche de cheveux derrière son oreille. Elle était décidée, elle voulait quitter cette maison mais aussi quitter ses fantômes. Ses sentiments qui lui faisaient comme une boule dans la gorge le plus souvent, mais qui l'anéantissaient entièrement parfois. Une présence brûlante, oppressante ou plutôt une non-présence. L'absence immense qu'avait laissé une certaine personne. Un bien-aimé qui était devenu un infiniment-regretté.

Trop de choses avaient eu lieu ici. Des éclats de rire, des éclats de verre, des moments de joies, des doutes, des passions, un départ survenu trop tôt et maintenant, le silence pénible. Céline saisit un cadre photo, elle hésita à le regarder. Trop de bonheur, trop de regrets, trop de lui partout. Elle rangea l'objet dans le carton avec son vieux pull, sa montre, sa chaîne et les autres clichés.

Les premiers temps, elle avait tout conservé de lui, espérant combler son absence ou au moins, la rendre plus douce. Il n'en était rien. Maintenant, elle allait adopter le comportement inverse : se débarrasser de tout pour peut-être l'oublier. Un bruit attira son attention : une bague était tombée du tas. Elle décrivit plusieurs cercles sur le sol avant de s'immobiliser. La jeune femme l'attrapa et reconnut son alliance qu'elle avait jeté de rage quelques semaines plus tôt, le jour de son départ. Elle la passa au doigt avec une émotion évidente. Pourquoi partir ? Il serait toujours là. Une couleur, un son, un mot, un visage viendrait toujours au moment opportun pour lui rappeler que privé de lui, c'est comme privé de tout.

D'un geste lent, Céline essuya les perles salées aux coins de ses yeux. Au milieu de ses étagères vidées et poussiéreuses, des murs vierges de toutes photos et des pièces débarrassées, elle se sentit plus seule que jamais.

"Mais lorsque tombe le soir, les souvenirs hantent sa mémoire : La nuit est trop longue sans toi."



© Photo & Texte
© Extrait de Renaud Hantson - Apprendre à vivre sans toi
# Posté le jeudi 28 août 2008 10:03

Vacances!

Je pars en vacances du huit au dix-sept août en Ecosse.
Je posterais sûrement des textes au retour. Bonnes vacances à tous.
# Posté le vendredi 08 août 2008 02:43

Vivere per libertà.

Vivere per libertà.
Vivere per libertà.
(Deuxième version)



+++++++++++ « Une vie parfaite. Une femme amoureuse, une maîtresse compréhensive, deux enfants adorables et sages, une petite maison dans un quartier paisible et un job qui te passionnait. Tu t'en vantais discrètement parfois. Je comprennais encore moins ton geste en y songeant.

Isabelle m'a prévenu samedi soir. J'ai immédiatement été chez toi pour m'assurer que tout ceci était une très mauvaise blague. Elle avait les yeux rouges et gonflés, les jumeaux te réclamaient en pleurant. Tu n'as même pas idée du chaos qui régnait sous ton toît. Je suis resté jusqu'à lundi après-midi. Trois jours d'angoisse. Probablement les pires de ma vie. Nous avons tremblé jusqu'à cette foutue visite des policiers. Il était quatre heures, Isabelle venait de border les enfants pour une sieste.

Ils t'ont retrouvé, tu étais vivant mais il ne pouvait nous communiquer l'endroit où tu te trouvais. Tu avais refusé de le faire, tu étais majeur et donc, tu avais le droit d'abandonner tes proches et de ne pas donner de tes nouvelles. Je ne les aurais pas cru si je ne te connaissais pas si bien, Luka.

A dix-huit ans, il était impossible de savoir quand tu serais chez toi. Tu partais sans cesse et sans prévenir pour revenir quelques jours ou quelques semaines plus tard avec des centaines de souvenirs en tête. C'est sûrement à cette époque que tu es tombé amoureux de certaines villes que tu affirmais vouloir revoir à tout prix. Tu n'en as pas eu l'occasion : après tes vingt ans, tu m'as affirmé "Fini, je suis trop vieux pour ce genre de voyage". Grave erreur. Ce n'était jamais des voyages mais des fuites. Tu t'en allais voir ailleurs pour te soulager d'un quotidien trop ordinaire et étouffant.

Quelque chose me dit que tu t'es réfugié dans l'une de ses villes que tu aimais tant. Pour combien de temps, je ne sais pas. J'espère juste que tu reviendras, comme auparavant. Tu n'étais pas vieux, tu ne l'es pas encore. Un homme n'est vieux que quand les regrets ont prit chez lui la place des rêves.

Il était temps que tu te retrouves, je me doute, avant de devenir réellement quelqu'un d'autre et d'enterrer celui que tu étais auparavant. La crise de la quarantaine doit être plus violente chez certains.

Je t'attendrai. Je veillerai sur Isabelle et ta famille le temps qu'il faudra. Notre amitié a toujours su supporter les décalages horaires et les kilomètres, il n'y a pas de raison que cela aie changé.

Mais pense à revenir et pas trop tard. Ceci dit, je ne vois pas vraiment pourquoi je te soumet cette requête : je n'enverrais jamais cette lettre. Les courrants d'air n'ont pas d'adresse. En revanche, ils ont parfois raison de souffler un jour ailleurs que chez eux.


Laurent. »


© Photo & Texte
# Posté le dimanche 18 mai 2008 12:24
Modifié le mardi 03 juin 2008 12:34

1 + 1 = 3?

1 + 1 = 3?
1 + 1 = 3 ?
/!\ Ecrit pour cette galerie sur le thème "Intolérance".

Je regarde avec envie les groupements d'enfants près de la balançoire. Je les détaille, absorbé par le spectacle anodin qui se trame devant moi. Ils ont tous le même profil à leur age, des aspirants pompiers, astronautes, vétérinaires avec autant de rêves en tête que de sable dans leurs poches ou de genoux écorchés. J'aurais aimé en avoir un, moi aussi. Un petit garnement aux cheveux châtains avec des tâches de rousseur ou une petite diablesse aux cheveux blonds. Leur couleur de cheveux m'importe peu, ce qui m'aurait le plus charmé, c'est qu'ils aient tes yeux. Un mélange de toi et moi. Ta force non-départie de tendresse, mon caractère. Mon nez, ton menton. Ton front haut, mes lèvres minces.

Ne nous faisons pas d'idée : Ceci n'arrivera jamais. Même s'il n'avait pas eu notre sang, s'il n'avait pas eu tes yeux, j'aurais aimé en tenir un dans mes bras. J'aurais pu passé des heures, à genoux, devant un lit pour le border et faire fuir les horribles monstres dont il aurait rêvé. Mais tout ça n'arrivera jamais, Thomas. Même si nous étions plus droit et sincère qu'aucun fichu humain de cette planète, nous ne serions jamais jugé capable. Apte à éduquer.

Tu le sais mieux que moi : même dans ce monde où des milliers de mômes pleurent de n'avoir aucune « maman », aucun « papa », un Guillaume plus un Thomas ne fera jamais trois.


© Photo & Texte
# Posté le samedi 19 avril 2008 07:38